
Le GR20, je l’aime pour ce qu’il représente… mais je le fuis de plus en plus pour ce qu’il est devenu certains étés : refuges pleins à craquer, “bouchons” sur les passages techniques, pression sur l’eau, érosion. On parle même de régulation et, ailleurs, de sentiers payants (ou d’accès encadrés) qui changent le rapport à la montagne.
Alors j’ai fait ce que je fais quand un spot de trail devient une autoroute : je décale, je contourne, je découvre. Pour 2026, je te partage 4 itinéraires grand format que je considère comme mon antidote personnel au surtourisme : du tout nouveau tracé à Majorque jusqu’à un “paradis forestier” en France, avec deux options bien musclées pour les amateurs d’engagement.
Pourquoi je ne mise plus sur “les sentiers stars” en haute saison
Le problème n’est pas le GR20 en lui-même. Le problème, c’est l’effet aimant.
📌 Ce que j’observe (et que les chiffres confirment côté Corse)
- Sur le GR20, la fréquentation est devenue énorme, avec plus de 130 000 nuitées (2022) dans le PNR et des refuges pouvant accueillir jusqu’à ~200 personnes certains soirs.
- Résultat : logistique sous tension, sources parfois à sec, déchets, érosion, et une expérience qui ressemble moins à une traversée sauvage qu’à une file d’attente sportive.
✅ Mon principe pour 2026 : je garde l’esprit “grande itinérance”, mais je vais chercher des terrains où je retrouve :
- le silence (vrai),
- une progression fluide (sans embouteillage),
- et un sentiment d’aventure (même quand la difficulté n’est pas extrême).
Citation (mon mantra)
“Je ne cherche pas le trek le plus célèbre. Je cherche celui qui me rend fier, calme, et vivant.”
Les 4 itinéraires sauvages que je recommande (et comment les réussir)
1) Majorque (Espagne) — Le nouveau Gran Recorrido del Llevant (104 km) : l’île que personne ne marche
Si tu associes Majorque à la fête et aux plages, tu vas prendre une claque : l’est de l’île (le Llevant) est un autre monde. Et bonne nouvelle : un nouvel itinéraire de grande randonnée vient d’ouvrir, parfait pour 2026.
Carte d’identité
- Distance : ~104 km
- Format : 4 étapes (divisible à la carte)
- Terrain : pistes, sentiers de montagne, littoral
- Ambiance : pinèdes, petites crêtes, criques, villages, patrimoine
Pourquoi c’est mon “plan B soleil”
- C’est une alternative crédible aux zones balnéaires saturées.
- Le tracé alterne nature et culture : château du XIVe siècle, site talayotique (≈ 3 000 ans), monastère ancien, villages.
Mon conseil d’expert (très concret)
- Ne te fais pas piéger par l’idée “Majorque = facile”. Même si le dénivelé annoncé reste modéré, le combo chaleur + réverbération + vent peut te griller.
- Je pars tôt (style trail long) : départ 7h, grosse pause à l’ombre, reprise en fin d’aprem.
À retenir
- 🎒 Idéal si tu veux une itinérance “sauvage accessible” + baignades possibles en fin d’étape.
- 💧 Eau : anticipe (fontaines/villages), je vise 1,5 à 2 L minimum selon saison.
2) Corse (France) — Mare a Mare : l’esprit Corse sans les bouchons du GR20
Quand je veux la Corse “montagne-mer-authenticité” mais sans l’effet tunnel du GR20, je regarde les Mare a Mare. Ce sont des traversées est–ouest, souvent plus humaines, plus villageoises, et clairement moins fréquentées.
3 options (selon ton temps)
- Mare a Mare Nord : ~136–140 km, 10–12 jours, gros morceau (D+ conséquent)
- Mare a Mare Centre : format ~7 jours, très équilibré
- Mare a Mare Sud : ~82 km, 5 jours, plus doux
Pourquoi je les adore
- Tu retrouves la Corse intérieure : forêts, vallées, bergeries, villages perchés.
- La fréquentation est nettement inférieure au GR20, tout en restant sur des itinéraires structurés.
Conseil d’expert : comment “sauvagiser” ton Mare a Mare
- Pars en juin ou fin septembre : mêmes paysages, zéro sensation de foule, et meilleure gestion de la chaleur.
- Ajoute une journée off dans un village : ça transforme la traversée en expérience (et tes jambes disent merci).
Bon à savoir
- Le GR20 interdit le camping sauvage hors zones prévues autour des refuges : en Corse, on ne bricole pas avec ça. Sur Mare a Mare, tu as souvent plus de souplesse via gîtes/accueils, mais je reste strict : respect des règles locales + zéro trace.
3) Canada (Île de Vancouver) — North Coast Trail : 43 km de solitude qui valent 200 km
Celui-là, c’est mon “trek test” pour les gens solides mentalement. 43 km seulement, mais une densité d’aventure énorme : forêt pluviale, boue, plages, caps, et surtout… logistique marées.
Carte d’identité
- Distance : ~43 km
- Temps : 6 à 8 jours (oui, tu as bien lu)
- Niveau : exigeant, pour marcheurs autonomes
- Spécificités : passages à cordes, terrain humide, troncs, racines, sections dépendantes des marées
Pourquoi je le mets dans ma liste “anti-foule”
- Parce que ce n’est pas un trek “Instagram-friendly” : c’est un trek engagement & humilité.
- La faune est au rendez-vous (ours noirs, loups entendus, loutres, phoques), et ça te rappelle immédiatement que tu es chez eux.
Mon protocole sécurité (non négociable)
- Je prépare les journées sur les tables de marées (sinon tu te fais bloquer).
- Je prends une vraie marge : progression lente, pieds humides, risques de glissade.
- Matos : chaussures qui accrochent, chaussettes de rechange, sac étanche interne, et système de gestion du froid même en été.
Info Box — Si tu veux le “même esprit” mais plus proche
- Cherche des itinérances côtières engagées en Europe (Écosse, Irlande) ou des traversées forestières longues en France… mais la combinaison marées + cordes + wilderness reste assez unique.
4) France (Centre-Val de Loire) — Sologne : l’évasion “silencieuse” quand je veux du sauvage sans altitude
Je sais, ce n’est pas une haute montagne. Justement. Quand tout le monde s’entasse “là-haut”, moi j’adore me refaire une caisse et un mental dans un coin où tu n’entends que : vent, oiseaux, eau.
Le Parc naturel régional de la Sologne, c’est marais, étangs, forêts, et une atmosphère presque nordique certains matins.
Pourquoi je l’inclus dans mon plan d’évasion 2026
- Parce que c’est un terrain parfait pour :
- rando longue à la journée,
- micro-aventure (week-end),
- prépa trail sans dénivelé (mais avec relances, terrains humides, gestion d’allure).
Ce que tu vas vraiment y gagner
- Une immersion nature : hérons, grues (en migration), cerfs… et surtout une sensation rare en France : de l’espace, sans show-off.
Astuce (prépa trail / rando au long cours)
- Je fais une séance “spécifique rando” :
- 2h en endurance facile,
- puis 45 min à allure soutenue (marche active),
- puis 30 min cool.
Objectif : apprendre à tenir longtemps sans s’user, exactement ce qui manque aux gens qui “explosent” sur les treks mythiques.
Équipement malin
- Sol souvent humide : prends des chaussures qui gèrent la boue, et accepte l’idée de salir.
- Jumelles si tu aimes l’observation : ça change tout.
Tableau comparatif : lequel choisir selon ton envie 2026 ?
| Itinéraire | “Sauvage” | Technique | Logistique | Idéal si tu veux… |
|---|---|---|---|---|
| GR del Llevant (Majorque) | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐ | ⭐⭐ | du soleil, une itinérance nouvelle, mix nature/culture |
| Mare a Mare (Corse) | ⭐⭐⭐⭐ | ⭐⭐ à ⭐⭐⭐ | ⭐⭐ | la Corse authentique sans saturation, rythme humain |
| North Coast Trail (Canada) | ⭐⭐⭐⭐⭐ | ⭐⭐⭐⭐ | ⭐⭐⭐⭐ | une vraie expédition courte mais intense (marées, boue, isolement) |
| Sologne (France) | ⭐⭐⭐ | ⭐ | ⭐ | du calme, de la nature, une micro-aventure simple et efficace |
Mes 7 règles “anti-foule” (et pro-plaisir) que j’applique à chaque trek
✅ 1) Je décale la saison : juin / septembre, c’est souvent le jackpot.
✅ 2) Je décale l’horaire : départ tôt, pause longue, reprise tard.
✅ 3) Je vise l’itinérance secondaire : transversales, variantes, parcs “moins sexy”.
✅ 4) Je planifie l’eau avant le paysage : surtout en Méditerranée.
✅ 5) Je garde une marge physique : si je finis rincé, je ne profite plus.
✅ 6) Je respecte strictement les règles locales (bivouac, feux, accès).
✅ 7) Je laisse zéro trace : c’est la condition pour que ces coins restent sauvages.
Si tu veux, je peux te faire une version “planification” pour l’un de ces 4 itinéraires (période idéale, découpage jour par jour, checklist matos, stratégie d’entraînement 6 semaines). Moi, en 2026, c’est décidé : je préfère 4 treks un peu moins connus, mais vécus à fond, plutôt qu’un seul mythe parcouru au milieu de la foule.

Poster un Commentaire